Laserponcture et ostéopathie
Amélie Régnier (étudiante en 4e année)
Etude de cas

 

 

Qu'est-ce que l'ostéopathie ?

 

L'ostéopathie est un art, une science et une philosophie.

C'est l'art du toucher manuel, de la sensibilité, de la détection des tensions tissulaires et de la recherche des micromouvements.

C'est une science qui possède ses propres bases. Elle utilise les tests ostéopathiques globaux et spécifiques, permettant de poser un diagnostic ostéopathique propre et d'utiliser des techniques de corrections appropriées.

C'est une philosophie. Suivant des fondements et des principes bien établis, l'ostéopathe est guide dans sa démarche thérapeutique globale.

"La vie c'est le mouvement. Le mouvement, c'est la vie"
Nous rendons aux tissus, fascias (gaines enveloppant les muscles et formant des "chaînes" continues dans le corps), muscles, articulations, systèmes fluidiques le mouvement qui leur est propre. Cela permet de faciliter les échanges métaboliques et les échanges d'informations dans le corps.

Prenons une exemple :
Une rivière est bordée d'arbres. Lors d'une tempête, un arbre tombe dans la rivière. Petit à petit feuilles et branches vont s'entasser en amont et boucher la rivière. Son flux va diminuer jusqu'à s'interrompre en aval.
Mais l'eau coule toujours en amont et doit s'écouler. Il va se creuser de petites rigoles puis de petits ruisseaux collatéraux qui vont permettre à l'eau de passer outre l'obstacle et de rejoindre son lit.
La nature est bien faite, elle s'adapte aux situations.

Prenons un exemple dans le corps humain :
Les nerfs, artères et veines se suivent souvent le long de trajets précis. Ils passent au travers des muscles et le long des os qui leurs servent d'étui de protection. Lors d'un traumatisme, les tensions musculaires et fasciales réduisent l'étui de protection. Les flux (sanguins et neuronaux) sont donc diminués en amont. Les échanges se font moins bien, les informations (hormones, neurotransmetteurs...) ne transitent plus normalement. Le corps va devoir s'adapter à ce déséquilibre.
C'est à ce niveau que l'ostéopathie intervient. Dès le début, avant les compensations, car le travail est plus simple. Il faut chercher la cause de ce déséquilibre et ne pas se contenter de traiter les effets.
Par analogie avec l'exemple précédent, l'ostéopathe cherchera pourquoi l'eau ne coule plus, et ira enlever le tronc. S'il se contente seulement de reboucher les rigoles, d'autres se formeront. Le problème ne sera pas réglé à la base.

 

Laserponcture et ostéopathie
 

Le laser ouvre les voies neuronales en stimulant des points bien précis.

L'ostéopathie va pouvoir :

  • Libérer les barrières musculaires ;
  • Rééquilibrer les zones de tensions tissulaires et fasciales;
  • Défibroser les cicatrices ;
  • Redonner de la mobilité aux articulations ;
  • Stimuler l'activité neuromusculaire
  • ...

et permettre d'avoir un corps plus équilibré, apte à recevoir et formuler les informations nécessaires à son fonctionnement.

L'ostéopathie peut potentialiser et renforcer l'effet du laserponcture®, en aider le corps à retrouver une physiologie optimale.

Reprenons l'exemple de tout à l'heure :
Le laser ouvre les vannes pour que l'eau coule, l'ostéopathie enlève les troncs d'arbres pour que le flux se passe mieux.

 

L'ostéopathie : les différentes actions suivant le handicap ou les paralysies
 

Se basant sur l'anatomie, la physiologie et la biomécanique, nous avons testé le blessé médullaire dans sa globalité.

Nous avons repéré les zones de dysfonctions, les zones de tension (...) puis nous avons étudié le degré de sensibilité des zones du corps de l'individu (testing sensibilité à la piqûre).

Cette semaine, il m'a été très intéressant de constater qu'il fallait un réel effort d'adaptation de nos techniques pour avoir de bons résultats :

  • D'une part parce qu'on ne peut pas se permettre d'alterner plusieurs phases décubitus-procubitus chez un para ou tétraplégique.
  • Et d'autre part parce que les techniques structurelles de thrust sont dangereuses pour le sujet (compression moelle ; plaques au niveau des vertèbres) ou d'autres comme les techniques d'énergie musculaire de Mitchell sont irréalisables.

L'ostéopathie est une formidable boîte à outils, et il est de notre devoir de choisir le bon instrument.

Pour ma part, l'ostéopathie structurelle est à utiliser avec modération sur un segment bien précis où tout risque a été écarté au préalable par des tests différentiels. Elle peut être intéressante dans le cadre d'un traitement d'une dysfonction ne relevant pas directement de la paralysie.

- L'ostéopathie fasciale :
C'est pour moi celle qui a eu les meilleurs résultats cette semaine. Ces techniques ont un véritable potentiel surtout lorsqu'elles sont combinées avec le traitement au laser. Il est aussi très important de travailler les cicatrices.

- L'ostéopathie craniosacrée :
Elle est incontournable. Nous devons étudier les structures (crâne - sacrum) et leur mobilité. Il y a beaucoup de travail à faire à ce niveau et je place beaucoup d'espoir dans ces techniques.
Le cordon central (moelle épinière) est l'axe craniosacré, et c'est cet axe qui a été le plus traumatisé lors des para/tétraplégies.
Notre compétence est donc utile ici.

- L'ostéopathie viscérale :
Il serait intéressant de pouvoir tester les effets de ces techniques.

Nos actions selon les traumatismes :

AVC / Accident médical, chirurgical...

Ils sont moins traumatiques au niveau de la structure. En plus de nos actions citées précédemment, nous allons porter notre attention sur le fait que le fauteuil roulant est générateur des tensions musculaires.

En plus de la paralysie, un côté est souvent plus musclé que l'autre et accentue les déséquilibres, créant des douleurs. Les transferts, les gestes de la vie quotidienne musclent la ceinture scapulaire et le dos. Cela crée des zones hypertendues qui travaillent trop, des gibbosités, des torsions du tronc allant jusqu'à la déformation de la colonne vertébrale.

La mauvaise posture, le mal au dos, la perte de mobilité rachidienne aggravent encore plus le déséquilibre du corps et augmentent le handicap.

L'ostéopathie, par le travail des tissus mous en refoulage / étirements, par le travail des fascias et en articulaire lombaire, permet de soulager les personnes et de les rééquilibrer.

Traumatisme grave avec chocs (accident de voiture...)

En plus de l'atteinte de la moelle épinière, le traumatisme est souvent multicentrique. On retrouvera d'autres dysfonctions ailleurs, indépendantes quelques fois de la paralysie. Les adaptations du corps seront donc à tester et à traiter pour rendre le meilleur équilibre possible.

Nos actions selon la paralysie

Paralysie spastique :
Le travail en refoulage, étirements doux et fascia, donnent de bons résultats. La tension musculaire diminue, est de plus en plus rapide à obtenir au fil des séances. Les clonus sont plus rares.

Paralysie flasque :
Le travail en refoulage et pompage est très utile, surtout dans le cas des membres poids. On augmente le flux sanguin, les échanges métaboliques, la chaleur revient.

 

Remarques et conclusions

 

C'est la première fois que des séances d'ostéopathie sont faites après des séances de laserponcture®. Nous avons pu observer que les sensations décrites par le patient, au cours de la séance de laserponcture®, sont aussi déclenchées par les manipulations ostéopathiques. Ces sensations sont même quelquefois amplifiées et peuvent s'étendre dans des zones proches de l'endroit de la lésion.

Pendant le traitement ostéopathique, nous avons deux effets principaux :

  • Au niveau sus lésionnel :
    - Le soulagement du patient ;
    - Le relâchement musculaire de la ceinture scapulaire ;
    - Une meilleure assise du patient ;
    - Un changement du centre de gravité ;
    - Un meilleur contrôle des mouvements et de la posture par un meilleur ressenti des muscles abdominaux et du tronc.
     
  • Au niveau sous lésionnel :
    - Sensation de picotements, de chaleur (superficielle ou interne) ;
    - Sensation de fourmis dans des zones projetées ;
    - Sensations de brûlure dans des zones projetées ;
    - Sensations de douleur lancinante dans des zones projetées ;
    - Sensation de pression des organes internes.

Chaque étage vertébral se rapporte à une zone métamérique et sensitive.
Au niveau neurovégétatif, chaque étage correspond au fonctionnement d'un organe (ex. : D2-D3 --> centre citiospinal de Budge (vasomotion de l'oeil) lui-même en rapport avec le nerf moteur oculaire commun).
Il est donc intéressant de tester l'axe craniosacré et les étages vertébraux. On remarque le plus souvent que les métamères de faible réponse en sensibilité ou en douleur correspondent aux niveaux vertébraux en dysfonction.
En corrigeant ces zones, le blessé medullaire  ressent souvent des picotements forts et de la chaleur dans les métamères en rapport.
Il m'est aussi arrivé cette semaine en travaillant en articulaire au niveau lombaire (L1-L4) que le blessé médullaire ressente des douleurs testiculaires, sensation qu'il n'avait jamais eue depuis son accident.
En général, aux séances suivantes, le blessé medullaire ressent plus vite et plus fort les picotements et / ou la chaleur dans les zones "libérées" précédemment, sans avoir besoin de réintervenir au niveau vertébral.

"La structure gouverne la fonction"
C'est à nous de travailler les structures corporelles pour que le corps retrouve ses fonctions.

"La fonction induit la structure"
Une fois la fonction retrouvée (ce peut être la sensibilité dans un premier temps) et entretenue par le laserponcture® et les séances d'ostéopathie, nous apportons toutes les clés au corps pour que les structures se réorganisent et retrouvent un équilibre de fonctionnement.

Au vu des résultats obtenus cette semaine, je suis très optimiste concernant la complémentarité de l'ostéopathie après des séances de laserponcture®.
C'est à nous maintenant d'exploiter ce potentiel et de mettre à "disposition" nos mains aux services des personnes handicapées, paralysées. Elles méritent tout autant que les autres personnes d'avoir à leur portée cette thérapeutique.

 

Patients traités par ostéopathie
 

Nom du patient

Date de la première séance

Nombre de séances
au 02/09/05

Harry 28/02/05 13
Paul Mc 28/02/05 4
Meri 28/02/05 4
Richard 01/03/05 15
Edel 30/05/05 7
Melissa 30/05/05 5
Patti 30/05/05 4
Guy 30/05/05 14
Rhiannon 30/05/05 10
Bob S 30/05/05 11
Bilal 30/05/05 1
Wendy 30/05/05 1
Christophe 30/05/05 3
Nelly 31/05/05 1
Vladimir 31/05/05 1
Eric 31/05/05 3
Hermina 01/06/05 2
Thierry 13/06/05 9
Jason 13/06/05 9
Kate 13/06/05 2
Mozhgan 13/06/05 12
Judith 13/06/05 8
Mik 13/06/05 9
Valérie 13/06/05 6
Anna 13/06/05 4
Ania 13/06/05 8
Kirby 20/06/05 8
Bob G 20/06/05 8
Andrea 20/06/05 8
Eoin 20/06/05 3
Stéphane 20/06/05 12
Bruno K 20/06/05 11
Mark 20/06/05 8
Liam 21/06/05 5
Colin 27/06/05 4
Ginny 27/06/05 7
Walter 28/06/05 13
Amélie 29/06/05 2
Patricia 04/07/05 4
Tanja 04/07/05 4
Olivier 04/07/05 8
Bruno 04/07/05 5
Carmen 05/07/05 3
Hervé 05/07/05 2
Doug 18/07/05 2
Anne-Marie P 18/07/05 5
Mélanie 18/07/05 10
Dawn F 18/07/05 5
Manar 18/07/05 10
Annick 19/07/05 3
Ovidiu 18/07/05 12
Caroline 20/07/05 12
Nicolas 21/07/05 2
Daniel 21/07/05 2
Sonsoles 25/07/05 8
Jacques D 25/07/05 8
John 25/07/05 4
Dawn P 26/07/05 3
Xavier 01/08/05 10
Juan Manuel 01/08/05 10
François R 01/08/05 10
Nayer 08/08/05 3
Frederic 12/08/05 1
Eric J 22/08/05 8
Stevens 22/08/05 10
Elena 23/05/05 3
Gari 23/08/05 3
Nadine 23/08/05 5
Maxime 29/08/05 5
Jean 29/08/05 5
Eric T 30/08/05 3
Paul S 30/08/05 3
Neil 30/08/05 4

Dernière mise à jour : 14 octobre 2008


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