Restructuration de la morphologie du membre par la thérapie laserponcture® et recherche préliminaire pour comprendre son mécanisme d’action sur l’activité du muscle chez des patients blessés médullaires

Albert Bohbot, Cécile Jame-Collet

Résumé  

 

Objectif :
Les auteurs ont souhaité démontrer l’action sur la restructuration de la morphologie des muscles squelettiques par l’apport de la technique du laserponcture® dans les cas de blessures médullaires.

Lieu :
Clinique Albert Bohbot, La Chapelle Montlinard, France.
Etude statistique, Service d’épidémiologie, Faculté de Médecine de Dijon.

Résultats :
Constatation statistique des évolutions sur une population de tétraplégiques et paraplégiques de niveau lésionnel différent, classé complet selon la nomenclature American Spinal Injury Association (ASIA) ou incomplet.

Conclusion :
Il semble que les résultats et observations apportent une réponse favorable aux muscles squelettiques dans le cas des blessures médullaires par la technique du laserponcture®.

 

Introduction  

 

Depuis 10 ans, des études ont montré par l’analyse histologique de la biopsie des muscles squelettiques des changements précoces après une blessure médullaire en sous lésionnel, dont l’incapacité fonctionnelle du muscle est responsable : atrophie musculaire, hypotonie, spasticité, dommages microvasculaires (escarres, ulcères). Ces désordres contribuent aux transformations morphologiques et histologiques suivantes (1, 2, 3, 4, 5, 6) :

1.       Atrophie musculaire avec baisse du diamètre des fibres squelettiques ;

2.       Vasodilatation des capillaires, œdème vasogénique interstitiel ;

3.       Modification des fibres musculaires striées de type I histochimique situés dans les muscles profonds et la partie centrale des muscles superficiels à vascularisation riche, à caractère de contraction lente et soutenue, en fibres musculaires striées de type II histochimique, siégeant dans la partie périphérique des muscles superficiels de vascularisation pauvre, à caractère de contraction forte, rapide et brève ;

4.       Augmentation des tissus conjonctifs interstitiels, infiltration graisseuse, fibrose endomysiale, microangiopathie.

L’âge de la lésion médullaire influe sur le diamètre des fibres musculaires.

Dans certains cas d’atrophie musculaire, l’électrostimulation transcutanée associée à une physiothérapie intensive apporte une modification du profil morphologique, une augmentation des capillaires musculaires, une réversibilité de la transformation des fibres musculaires à la biopsie, mais ces améliorations n’ont qu’un caractère temporaire et n’induisent pas un acte volontaire conduisant à la maîtrise de la contraction (4, 5, 6). La stimulation électrique fatigue quatre fois plus vite la fibre musculaire paralysée que la fibre normale et risque d’endommager la fibre musculaire paralysée par saturation électrique (4, 5, 7).

En tenant compte de ces résultats, nous nous sommes interrogés sur les effets de la thérapie biophotonique par laserponcture® (la biophotonique s’inscrit dans les relations des interfaces entre le photon, élément de base de la lumière, et les différents étages de la construction biologique que constituent les molécules cellulaires, cellules, tissus et organes), sur la morphologie des muscles paralysés après section de la moelle épinière. Contrairement à l’électrostimulation transcutanée (application physique du phénomène électrique provoquant le contrôle et la contraction du muscle sous-jacent en dehors de la volonté du patient), il s’agit d’une thérapie d’application externe (contact de la sonde laser sur la peau et d’expression interne (lumière cohérente diffusée dans le réseau acupunctural classique et néo-acupunctural Bohbot (NAB) utilisé dans le cadre du laserponcture (11, 12)), relayée par le cerveau.

Afin de déterminer si la thérapie par laserponcture® augmente le volume des muscles squelettiques sous la lésion, nous avons réalisé une étude clinique prospective consistant à mesurer la circonférence des membres inférieurs chez 22 patients blessés médullaires (14 paraplégiques et 8 tétraplégiques).

 

Matériels et méthodes  
 

Le laserponcture® est un procédé thérapeutique unique pensé par Albert Bohbot dès 1979 (8, 9, 10, 11, 13, 14).

L’appareil utilisé est un faisceau laser infrarouge multifréquences. Après plus de trente années d’utilisation, peu d’effets secondaires ont été signalés (10, 11, 15).

Avec l’aide d’une subvention gouvernementale, cet appareil a été construit par l’Ecole Nationale Supérieure des Arts et Métiers (ENSAM) de Cluny (France).

Est utilisé un ensemble de fréquences réglable au hertz près par un appareil laser monosonde, piloté avec un programme spécifique par microprocesseur. Cet appareil est de marque déposée, ses paramètres intrinsèques ne peuvent pas être dévoilés dans cet article.

Le laserponcture® est une des applications thérapeutiques des appareils laser à basses fréquences chez l’homme. Jusqu’à présent, les lasers basses fréquences dans leurs applications neurologiques, font l’objet de recherche in vivo sur des cellules de cerveau, des nerfs périphériques ou des cellules embryonnaires de rats (3, 16, 17, 18, 19, 20). De nombreuses études scientifiques ou médicales sur des lasers à basses fréquences ont été faites ces dernières années (15, 21,22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29).

Le principe thérapeutique est fondé sur une diffusion des photons émis par l’appareil de laserponcture® dans la physiologie énergétique au sein du réseau acupunctural classique, et sur le néoréseau Bohbot et comportant 300 nouveaux points. Cette cartographie nouvelle est issue de 20 ans d’étude sur le réseau acupunctural et sur les études de textes anciens chinois (30) permettant à Bohbot de comprendre l’emplacement de points nouveaux. Dans la  Synthèse des travaux des symposia de Pékin (15 juin 1979) (31), il est précisé qu’un nouveau point est découvert en moyenne tous les ans complétant la cartographie classique chinoise. Ce principe thérapeutique, dans le cas des blessures médullaires, est complété par la stimulation des dermatomes cutanés, ce qui fait une matrice qui véhicule l’énergie : dans le sens horizontal, les dermatomes, qui sont l’expression cutanée des segments médullaires ; et dans le sens vertical, le réseau acupunctural classique complété par la cartographie NAB (8, 9, 32).

La sonde laser est appliquée sur la peau qui joue un rôle de médiateur entre l’émission laser et le réseau canalaire sous-jacent situé dans la zone hypodermique. Il constitue la frontière histologique et biologique entre le monde du dehors et le monde du dedans (8).

Durant chaque séance, le même thérapeute a appliqué successivement la sonde laser du même appareil sur huit points cutanés. Plus particulièrement, la sonde laser a été appliquée sur des points situés sur le buste en alternant d’une séance à l’autre face antérieure et face postérieure. Chaque point a reçu la stimulation pendant deux minutes.

L’étude statistique de ces mesures a été réalisée en aveugle dans le service d’hygiène du centre hospitalo-universitaire régional de Dijon.

L’étude a porté sur l’observation des variations de la mesure de la circonférence (en centimètres) des membres inférieurs chez 22 patients blessés médullaires. Il s’agit d’une étude clinique prospective d’observation au lit du patient.

 

Description des patients :

Seulement les individus avec une blessure médullaire ont participé à cette étude.

- 14 paraplégiques et 8 tétraplégiques. En cas de lésions médullaires multiples pour un même patient, nous avons pris en considération le plus haut niveau lésionnel ;

- 21 d’origine traumatique et 1 d’origine vasculaire;

- 13 Complètes, 9 incomplètes (la différenciation entre lésion médullaire complète et incomplète est définie selon l’IRM et la classification American Spinal Injury Association (ASIA) (33), déterminée dans les dossiers hospitaliers fournis par les patients. En l’absence de données, le patient est classé par défaut incomplet) ;

- Lésion d’âge compris entre 5 et 215 mois au moment de la première mesure, soit une moyenne de 37,2 mois;

- Que la paralysie soit spastique et/ou flasque ;

- 15 hommes dont 4 tétraplégiques et 11 paraplégiques ; 7 femmes dont 4 tétraplégiques et 3 paraplégiques ;

- Patients d’âge compris entre 16 et 56 ans (âge moyen : 30,3 mois).

Critères d’exclusion

1. Double pathologie neurologique associée : par exemple lésion médullaire associée à une atteinte d’un plexus nerveux sus lésionnel ou à une lésion cérébrale centrale.

2. Utilisation concomitante de l’électrostimulation sur les groupes musculaires sous lésionnels.

3. Immobilisation prolongée par pathologie intercurrente (fracture) ou concomitante (brûlure, escarres ou autre pathologie).

Les prises de mesure ont toujours été réalisées par le même examinateur et le même mètre couturier. Thérapeute, examinateur et statisticien étaient trois personnes différentes. Les circonférences des segments de membres ont été mesurées en des zones anatomiques précises des membres :

Aux cuisses :

- 15 cm au-dessus du bord supérieur de la rotule.

Aux jambes :

- 10 cm au-dessous du bord inférieur de la rotule.

- 15 cm au-dessous du bord inférieur de la rotule.

Cette étude s’est déroulée sur 21 mois, entre le 1er janvier 2001 et le 30 septembre 2002. Le programme associait quotidiennement une séance de laserponcture® et des exercices de rééducation (verticalisateur, vélo électrique et d’appartement, banc de musculation, marche avec des attelles cruropédieuses articulées au genou et à la cheville entre des barres parallèles)

La première mesure a été réalisée lors de la première consultation.

Chaque patient a bénéficié d’au moins quatre prises de mesure.

La périodicité de traitement était variable selon les patients car était fonction de leur zone d’éloignement. Elle a varié entre une séance par jour pendant trois mois consécutifs et une séance par jour pendant une semaine avec une fréquence de traitement d’une semaine toutes les 8 semaines.

Les analyses statistiques sont descriptives et ont été effectuées en aveugle. Les mesures sont en pourcentage pour chaque individu. Le référentiel 0 correspond à la première mesure. Les variations, apparaissant à trois mois sur le graphe, correspondent à la moyenne des variations observées entre 1 et 3 mois pour chaque patient. Le mécanisme  de calcul est le même à 6 mois, 12 et 18 mois.

La courbe représente la médiane de ces variations pour l’ensemble des individus.

 

Résultat  

 

Dans les graphiques, les courbes, représentant la médiane des variations des mesures des circonférences des cuisses, des mollets à 10 et à 15 cm sous la rotule sont cohérentes entre elles.

L’analyse montre que les membres inférieurs droit et gauche n’évoluent pas en même temps ni à la même vitesse, mais tendent vers l’équilibre.

1. L’accroissement d’un membre est en avance sur l’autre. Après que les courbes se soient rejointes, la tendance peut s’inverser et le membre en retard peut prendre de l’avance sur l’autre.

2. Les deux courbes se rejoignent, dans les 3 graphiques, à 6, 12 et 18 mois. Ce phénomène commence vers le 5ème mois de traitement par les mollets à 15 cm sous le bord inférieur de la rotule, donc à la prise de mesure sur le mollet la plus lointaine par rapport au nombril, puis progresse vers la proximité par les mollets mesurés à 10 cm vers 6 mois, et enfin les cuisses vers le 7ème mois de thérapie par laserponcture®. Puis, avec une périodicité de 6 mois, les courbes des membres inférieurs se recoupent simultanément sur les 3 graphiques.

La circonférence du mollet à 15 cm évolue selon un rythme de 3 mois qui lui est propre et qui est plus rapide que celui des cuisses et des mollets à 10 cm. Cependant cette variation diffère alternant des augmentations et des diminutions et globalement une certaine stabilité de mesure.

Alors que l’évolution de la valeur médiane montre une ascension des courbes et par conséquent globalement une augmentation des volumes musculaires, un certain nombre de points se situent sous la ligne de référence 0 (première mesure réalisée avant tout traitement). Les points, situés sous la ligne référentielle, correspondent à une diminution de la circonférence des cuisses et des mollets.

Le pic maximal d’amincissement des cuisses et mollets à 10 cm par rapport à leur mesure prise à J0, se situe au 9e mois. Après 12 mois, aucun point ne se trouve en dessous de la mesure de référence et ainsi à partir du 12e mois, la courbe de la valeur médiane des variations des circonférences des cuisses et des mollets à 10 cm accélère son ascension.

 

Discussion  

 

Il apparaît que les membres inférieurs chez les patients blessés médullaires traités par laserponcture® ont une périodicité évolutive de 6 mois, marquée par la tendance des membres inférieurs droit et gauche à équilibrer leur circonférence. 6 et 12 mois correspondent à un pic de mesure pour le mollet à 15 cm.

Entre le 6e et le 9e mois, le corps se ménage une pause dans les acquisitions. Cette phase est concomitante au pic de données négatives et la période de 3 mois qui suit est révélatrice d’une augmentation des mesures. Ce palier dans la variation des circonférences des cuisses et des mollets à 10 cm survient alors que celle des mollets à 15 cm diminue.

Une autre étape marquante dans l’évolution des mesures se situe entre les 12e et 15e mois. Malgré le faible nombre de patients (7 à 12 mois (31%) et 5 à 15 mois (23%)), il semble apparaître une accélération de la croissance des cuisses et des mollets à 10 cm. Elle est concomitante à un amincissement du mollet à 15 cm.

Ces phénomènes évolutifs observés semblent avoir été déclenchés par les variations de la mesure la plus distale c’est à dire celles du mollet à 15 cm sous le bord inférieure de la rotule.

La période de latence observée entre les 6e et 9e mois correspond aussi aux valeurs négatives maximales. Ce palier pourrait être un temps utile à l’organisme pour assimiler les progrès observables dans la morphologie du patient blessé médullaire. En effet, les valeurs négatives pourraient traduire l’élimination progressive des œdèmes de stase et donc  une amélioration des circulations veineuse et lymphatique avec diminution des résistances vasculaires périphériques, deux phénomènes marquant l’évolution physiopathologique négative d’une blessure médullaire (6, 8).

L’amélioration de la circulation vasculaire semble être le primus mouvens de toute récupération fonctionnelle et permet aux muscles d’accroître leur volume.

 

Conclusion et perspectives  

 

Cette étude met en évidence l’action de la thérapie par laserponcture® sur la morphologie des muscles squelettiques des membres inférieurs, chez 22 patients blessés médullaires, tous niveaux lésionnels médullaires confondus. L’augmentation des circonférences traduirait une réversibilité de l’atrophie musculaire et le retour à une fonctionnalité.

Ces changements sont apparus sans l’utilisation d’un appareillage électrique externe se substituant à la fonction de contrôle moteur, qui est susceptible d’endommager les jonctions neuromusculaires. Il semblerait y avoir, dans le cas du laserponcture®, remise en route d’un processus physiologique qui débuterait par la distalité des membres inférieurs.

Quel que soient les points choisis dans la cartographie du patient, quel que soit le nombre et la fréquences des séances de laserponcture®, quel que soit l’âge de la lésion, le processus évolutif est cohérent.

Dans le cas d’un protocole scientifique, cette technique pourra présenter des caractères de répétibilité par un autre thérapeute en utilisant des cartographies pré-établies afin de démontrer le caractère efficace de la thérapeutique et sa répétibilité par une autre équipe, dans un autre cadre et avec d’autres patients.

De plus, il serait intéressant, après ces observations cliniques, de pousser les investigations par des IRM fonctionnelles et une étude histologique (biopsie) sur les muscles squelettiques paralysés par atteinte médullaire.

L’application de la thérapie par laserponcture® le plus précocement après survenue d’une lésion médullaire accélérerait-elle le processus de récupération en évitant la phase d’installation des modifications vasculaires et de la transformation de la fibre musculaire de type I en type II, qui pourrait être à l’origine de l’installation de la spasticité.

 

Graphiques  
 

1) Courbe médiane des variations des mesures des circonférences des cuisses au cours du temps, chez des patients blessés médullaires traités par laserponcture :

 

 

2) Courbe médiane des variations des mesures des circonférences des mollets à 10 cm au cours du temps, chez des patients blessés médullaires traités par laserponcture :
 

 

3) Courbe médiane des variations des mesures des circonférences des mollets à 15 cm au cours du temps, chez des patients blessés médullaires traités par laserponcture® :

 

Remerciements  
 

Les personnes suivantes sont remerciées pour leur aide : le Dr Laurance Johnston pour ses commentaires critiques, Edwige Nault pour la traduction, et Audur Gudjonsdottir pour sa lecture commentée ci-jointe.

 

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Dernière mise à jour : 14 octobre 2008


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